Lire pour nombre d’entre nous est un défi. Lire un texte de plus de 100 mots est semblable pour certains à se confronter à un obstacle majeur. Lorsqu’en plus, ils sont invités à lire sur un écran numérique un texte parsemé de phrases complexes, on a vite perdu nos lecteurs. Pourtant, que vaut un texte qui n’est lu par nul autre que son auteur ? Rendre accessible nos textes nous impose d’en améliorer la lisibilité. Nous allons explorer dans ce billet deux techniques pour dégrever nos publications et leur donner du rythme. Nous allons voir pourquoi et comment :

  1. Préférer la voix active à la voix passive,
  2. Écrire des phrases plutôt courtes.

1/ User de la voix active dans les phrases

La voix active a le bénéfice d’exprimer une pensée en des phrases concises et courtes. Le message délivré est dynamique et capte l’intérêt du lecteur. L’information est facilement assimilable et reste à la portée du plus grand nombre.

Dans la voix active, le sujet fait l’action.

Exemple :

Voix active : Antoine Blagnon publie ce billet de blog sur l’amélioration de la lisibilité de nos messages.

Voix passive : Ce billet de blog sur l’amélioration de la lisibilité de nos messages est publié par Antoine Blagnon.

Vous observez qu’à la voix active, la phrase est directe, facile à comprendre et plus percutante pour l’esprit. Le sujet « Antoine Blagnon », agent de l’action, se place au début de la phrase. Le récepteur (complément d’objet direct (COD)) « ce billet de blog sur l’amélioration de la lisibilité de nos messages » se situe après le verbe à la fin de la phrase. Et, l’énoncé est plus court.

A l’inverse, à la voix passive, les positions des groupes nominaux sont changées. Le complément d’objet direct de la phrase active se place dorénavant en début de phrase passive et l’acteur (sujet) est à la fin. En outre, le verbe se compose ici de deux attributs : l’auxiliaire « être » qui se conjugue selon le temps, le mode… de la phrase à la voix active et le participe passé du verbe.

Dans cette construction (voix passive), la structure de la phrase est un peu plus complexe, l’énoncé est plus long. Si la majorité du texte est rédigée dans ce style, atone, le message manquera de dynamisme et ne sera pas forcément très clair au premier abord ; ce qui demandera un effort cognitif conséquent au lecteur pour comprendre l’information.

Pour que nos messages soient plus engageants, il faut préférer dans nos publications, singulièrement sur le Web, des phrases actives.

Ceci dit, ce billet n’est pas une invite à rejeter sans discernement la voix passive, tant s’en faut. Je recommande seulement d’en réduire son usage et de ne l’utiliser que si la phrase n’a pas sa contrepartie (pertinente) à la voix active.

Il est aussi bon de noter que les phrases actives construites avec des verbes intransitifs comme rire, nager, courir… n’ont pas leur conversion à la voix passive. En gros, tous les verbes qui admettent un complément d’objet indirect ne sont pas concernés par la conversion à la voix passive. Par exemple : « Je tombe sur la tête. », « Aïcha pense à ses projets. », « Tu ris aux larmes. »
Vous m’aurez définitivement impressionné si vous réussissez à convertir ces phrases ci-avant citées à la forme passive. Mauvais exemple pour la dernière phrase : « Aux larmes est ri par tu. » 😲 Hannn ! Ce n’est pas drôle. C’est juste incompréhensible.

2/ Écrire des phrases courtes pour une meilleure lisibilité

Une phrase trop longue porte en elle le risque de noyer le(s) message(s) qu’elle contient. Un grand référenceur Web a dit :

« Votre contenu peut être aussi complexe que vous le souhaitez. Votre écriture ne devrait pas. »

Voici résumé la philosophie qui doit soutenir nos publications.

Lisibilité sur un écran.
Lire sur un écran

Faire preuve de pédantisme ne nous rend ni efficace ni admirable. Les phrases plus courtes, au contraire, donne davantage de force à nos idées et les rendent accessibles. Une phrase simple et pertinente se construit par un sujet (précis) + un verbe + un complément. Lorsque vous avez besoin de véhiculer une information riche de plusieurs messages, il faut les enrober dans des fragments de texte et les exprimer par phrases courtes. Aujourd’hui, nous apprend-on, au-delà de 20 mots, la phrase est considérée comme longue. C’est l’époque !

Cette approche se vérifie dans notre environnement où par quelque paresse de l’esprit la cognition s’est érodée. C’est l’ère du tout-écran.

Je vous propose seulement de lire « A la recherche du temps perdu » de Marcel Proust pour (re)découvrir la poésie des longues phrases.

Conclusion

Lire, c’est écouter, c’est découvrir l’autre, c’est explorer un monde plus grand que notre sphère, c’est essayer de dominer sa réalité. C’est une attitude d’humilité. Quand on a la sagesse de lire, d’apprendre, partager devient un devoir plaisant qu’on s’efforce de rendre le plus efficace. Et comme on ne transmet que ce qu’on reçoit, il n’y a aucune règle préconçue pour insuffler de la lisibilité à nos publications. Pourvu que ça fonctionne. Il y a là une part pour le talent, pour la créativité, pour la liberté.

*Diane de Beausacq

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