Récemment, une dame, responsable d’une importante agence de voyage à Abidjan nous contacte via ce formulaire pour découvrir un peu plus en détail nos offres. Ce à quoi nous répondons favorablement en lui transmettant un document contenant la description des solutions dont nous estimons qu’elles correspondent à ses attentes exprimées. En clair, elle souhaite posséder un site Web avec une solution de réservation (billet, hôtel, etc.) et de paiement en ligne. Rien de bien compliqué. S’en suivent des échanges via la messagerie WhatsApp jusqu’à ce qu’elle propose que nous nous rencontrions à ses bureaux. J’accepte et le jour dit, j’y suis à l’heure indiquée. Une fin d’après-midi pluvieuse.

Un site Web s'affiche partout
Votre site Web s’affiche partout

Sur place, elle me fait dire par sa collaboratrice qu’elle souhaite que nos échanges se tiennent en présence de son « développeur-maison ». Je suis un peu surpris de n’avoir pas été informé de cela lors de nos échanges antérieurs mais qu’à cela ne tienne, qu’ai-je à dissimuler ? Je ne me fais une raison, résigné : le client est roi.

Seulement, voilà ! l’homme est en retard. J’attends 15 minutes. Puis 20. L’homme n’est toujours pas là. Au bout de 30 minutes d’attente, l’on me propose du café et des cacahuètes pour distraire mon impatience que je m’efforce de masquer.

Après 50 minutes d’attente, la dame m’invite enfin à débuter la réunion. Je la trouve partagée entre continuer d’attendre son « développeur-maison » et ne pas m’imposer davantage de retard. Grand seigneur, je la soulage de son indécision en lui indiquant que je ne voyais pas d’inconvénient à attendre son informaticien.

Environ 15 minutes plus tard, arrive enfin cet homme, jeune, une pochette en cuir noir défraichie à la main, le visage luisant de transpiration, vêtu d’un costume sombre qui a dû faire les beaux jours d’une époque lointaine. Les mocassins sans forme dont les semelles (usées) témoignent de l’assiduité de son propriétaire à la marche active attirent mon regard. Je m’en détourne rapidement pour voir le dos vouté de l’homme s’enfoncer dans le couloir vers la porte du bureau de sa patronne.

Je suis à nouveau appelé. Après les présentations, elle m’invite à développer notre offre. Ce que je fais avec application me disant être sur le point de conclure une vente.

Jeune informaticien

Puis, le « développeur-maison » prend la parole. Je découvre à ce moment-là dans ses déclarations qu’un site Web a déjà été développé à la demande de la responsable. Là encore, je m’interroge intérieurement : pourquoi ne me l’a-t-elle pas dit à l’avance ?

L’instant d’après, elle m’interroge sur la qualité du site Web développé par son salarié. Que lui répondre ? Au fond de moi, je me fiche totalement de leurs étourderies. Cependant, je reste courtois, souriant même. Perdre ainsi mon temps pour en arriver à me dire qu’« on a une solution déjà développée. Qu’en pensez-vous ? »

Je me rappelle toutefois que ceci est une autre cocasserie de mon job d’entrepreneur. Malgré cela, peut-être par curiosité et pour mieux éluder la question, j’ouvre mon ordinateur et je me connecte à l’adresse que le développeur me communique.

A vue d’œil, le site est mal structuré. Le contenu laisse à désirer. Pis, après une rapide inspection, les balises essentielles sont ou vides ou mal remplies. Partout, il y a des bouts de texte en anglais dans un contenu sensé être en français. Il y a même du code HTML visible en « front ».

Je lève les yeux de ma machine et je croise le regard interrogateur de la dame. Je me tourne vers le « développeur-maison » qui semble, lui, très fier de son travail. Il me dit dans la foulée, sourire crispé aux lèvres néanmoins, qu’il a été embauché dans la boîte depuis deux mois et que ce site Web représente l’aboutissement de ses heures de travail.

Embarras du professionnel devant l'insuffisance des ressources du Site
Embarras du professionnel devant l’insuffisance des ressources du Site

Pourtant, le Site présente de nombreuses insuffisances. Je suis un peu embarrassé par l’absurde de la situation. Je cherche des yeux dans la pièce quelque argument pour m’échapper sans mettre en difficulté l’informaticien. Après tout, je ne suis pas payé pour faire l’audit du site Web en question. J’indique quand même par rigueur professionnelle que je n’aurais pas fait pareil Site mais que le travail engagé n’était non plus pas négligeable. J’ajoute qu’il faut corriger quelques balises, mieux structurer le contenu pour optimiser le référencement naturel et enlever ces bouts de textes de différentes langues qui apparaissent çà et là sur le Site. Je finis par préciser que le « développeur-maison » saurait le faire… Autant lever toute équivoque dans l’esprit de l’homme qui pourrait me soupçonner de capter son travail.

Malgré cela, alors que je me prépare à quitter les lieux, mon ordinateur rangé et le sac à la main, débout, l’homme m’interpelle d’un air malicieux devant sa patronne : « J’ai vu que vous utilisez beaucoup WordPress sur vos projets…

  • Oui, alors ? lui rétorquai-je, un peu surpris.
  • Mais monsieur, WordPress n’est pas fiable, je peux très facilement faire tomber un site déployé sous WordPress. Il y a beaucoup de failles… »

Devant tant de grossièretés que seules l’ignorance et la crétinerie peuvent induire, je suis partagé entre mettre à nu son incompétence devant sa patronne (ce qui certainement compromettrait son emploi) et faire preuve de pédagogie à son égard. Je lui demande : « Quelle solution utilisez-vous pour de si petits projets comme le Site que vous avez créé ?

  • J’utilise Laravel, me dit-il. »

Ainsi, l’homme est habité de l’idée qu’un framework est souverain comparativement à un WordPress. Je me refuse à une démonstration technique et m’apprête à prendre congé d’eux. Déçu à l’idée de n’avoir pu conclure une vente ce jour-là. Mais avant de partir, je lui pose la question : « Vous connaissez Voodoo Communication, l’agence de Fabrice Sawegnon à Abidjan ?

  • Oui, me répond-t-il.
  • Leur site Web utilise WordPress comme solution logicielle, lui dis-je avant d’interroger encore, vous connaissez la Maison Blanche ?
  • Les Américains-là, décrit-il ?
  • Oui, chez Barack Obama ! Le Site de la Maison Blanche tourne sous WordPress. Vous ne le saviez pas hein !

Puis je quitte les lieux.

Que retenir de ma présence en ces lieux

Pourquoi le développeur-maison a-t-il voulu me contrer alors que visiblement je ne souhaitais pas m’attaquer à son gagne-pain ? Je ne saurais y répondre que par des suppositions mais regardons au fond la problématique qu’il a machinalement soulevée. Qu’est-ce qui différencie un framework d’un CMS.

Framework Laravel
Framework Laravel

Qu’est-ce qu’un framework

Un framework dit aussi structure logicielle en français ou environnement de développement est un ensemble de scripts permettant à un développeur de simplifier son travail et gagner du temps dans l’exécution de son projet. Il s’adresse plutôt à des techniciens du développement Web. Un framework permet une plus grande personnalisation d’un projet.

Qu’est-ce qu’un CMS

Un CMS est l’acronyme anglais de Content Management System et se traduit par Système de Gestion de Contenu en français. C’est un logiciel plutôt simple à prendre en main pour construire de puissant site Web et facile à maintenir. A l’origine, c’était un outil de blog. Mais avec sa simplicité et sa popularité induite, notamment pour WordPress, de plus en plus de développeurs et d’agences l’utilisent dans la création de site Web. Il s’adresse aussi bien à des novices sans compétence pointue des langages Web qu’à des ingénieurs informatiques. Il permet de mettre en place en très peu de temps un site Web à un coût relativement bas.

Conclusion

Il n’y a pas lieu d’opposer artificiellement ces deux solutions (framework et cms). Elles simplifient rigoureusement le développement d’un site Web. Un framework est une solution pour développeur qui travaille sur un projet (un peu) complexe. Il requiert une plus grande technicité. Un CMS est plus intuitif. Quand nous créons un site Web sous WordPress, c’est pour que le client final puisse le prendre en main sans l’assistance d’un personnel externe. A mon avis, il faut maîtriser les langages Web sans jamais s’interdire de profiter de la puissance de WordPress.

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