Il est environ 00h30 mns la nuit dernière et me voici déjà réveillé. J’ai peu dormi, environ deux heures de sommeil. Je m’installe devant la télévision avec mon gobelet de café fumant. Mon idée à ce moment-là, c’est de stimuler mes neurones encore légèrement engourdis en vue de me remettre à travailler sur une rédaction inachevée dans la journée.

A l’aide de la télécommande, je zappe indifféremment sans toutefois trouver une émission qui me captive. Pour ne pas réveiller la maisonnée, je baisse le volume du téléviseur au maximum et j’observe très vite que tout alentour est plutôt calme. D’un calme plat. Si calme en cette saison de pluies orageuses que cette douceur me paraît étrange après les précédentes nuits déchirées par des éclairs de foudre et des grondements de tonnerre aussi assourdissants que terrifiants.

Antoine Blagnon, solidaire, Donneur de sang
Don de sang au CNTS

J’éteins la télé et je profite de ce moment de tranquillité pour ouvrir un roman que je me suis procuré dans une librairie il y a peu. Les premières lignes que je lis m’exalte. Je décide finalement que je travaillerai à ma rédaction plus tard, dans la matinée. Je dois profiter de ce bouquin prometteur.

Plus j’avance dans ma lecture, plus je trouve l’instant savoureux ; et je ne sais pas si ce qui m’émeut le plus est l’histoire ou le style de l’auteur. Près de deux heures plus tard, un vent fort souffle dehors. Puis, arrive la pluie que j’entrevois à travers les rideaux tirés de la fenêtre, bruyante.

Je pose mon roman sur le guéridon à côté de moi et je surprends mon esprit à faire son savant. Quelle est la quête du lecteur ?

J’imagine que des milliers et des milliers de personnes à travers le monde, saisissant la moindre occasion de quiétude, ouvrent un livre et s’imprègnent de connaissances et d’histoires diverses. Que recherchons-nous ?

Je crois, car je suis solidaire de ceux qui défendent cette thèse, que nous recherchons avant tout, au-delà du savoir, la plénitude, l’exaltation, la beauté : la beauté d’une plastique qui accroche, irrésistible et fulgurante, la beauté d’une idée qui se révèle, délicate, à travers les mots d’un auteur talentueux, le sentiment d’identification à un personnage de l’œuvre, avec ses forces, avec ses faiblesses, qui nous confronte à nous-même dans notre chaos, la rassurante idée que nous partageons au moins avec l’auteur une représentation similaire d’un avenir souhaitable pour la communauté des humains…

En somme, avec le livre, l’on n’est plus seul(e) où qu’on se trouve.

Au reste, la lecture qui nous porte, celle qui nous inspire, nous ramène sans cesse à notre intime réalité et nous impose en définitive deux conduites au choix :

1– Nous ne sommes pas les seuls à vivre cette condition, nous disons-nous. Il y en a bien d’autres vies semblables à la nôtre de par le monde ; dans ce cas, convaincus que nous ne pouvons rien y changer, nous nous maintenons dans la contemplation d’un destin nous ballotant d’adversité à tribulation.

2– Nous décidons que lire n’est pas renoncer à l’action ; bien au contraire, que nous devons transcender nos tragédies et nos nécessités immédiates pour nous hisser au niveau de nos héros suprêmes afin de perpétuer l’idée fondamentale de rendre ce monde un peu plus solidaire qu’on ne l’a reçu.

Je vous souhaite un agréable week-end !

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