La nuit dernière est entré en vigueur le couvre-feu décrété par le Président de la République à l’occasion de son discours à la nation du lundi 23 mars 2020. Cette mesure fait partie des dispositions prises pour contrer la propagation du coronavirus en Côte d’Ivoire.

Surveillance du couvre-feu

Le décret de couvre-feu a été unanimement saluée par nos concitoyens tant les actes d’incivisme de certaines populations risquaient d’exposer un plus grand nombre de personnes à la maladie Covid-19.

Cependant, dans la mise en œuvre de la mesure, l’on a pu constater, d’après les comptes rendus que nous avons pu avoir, que certains « précaires sans-abris » ont passé une nuit des plus agitées entre contrôle robuste, course-poursuite et fragilité aggravée.

L’on a fonctionné comme si toutes les personnes trouvées dans la rue après le début du couvre-feu avaient un domicile régulier qu’elles avaient volontairement déserté pour flâner dans la nuit.  

Or, il faut rappeler qu’au nombre de ces « précaires sans-abris », nombreux parmi eux n’avaient d’autre choix que de se retrouver dans la rue à une heure tardive faute de domicile.

Il n’a été prévu pour eux aucune mesure d’accompagnement à la suite du décret de couvre-feu. Ces gens n’avaient donc ni centre d’accueil provisoire où se diriger, ni abri stable pour se protéger de la pluie qui est tombée cette nuit-là, ni même repas en ces temps d’exception.

Pourtant, la réalité à Abidjan, pour peu qu’on veuille le voir, est que de nombreuses personnes, pour une raison ou pour une autre, sont sans domicile régulier et dorment « dans la rue ». Et, il ne faut pas croire qu’il s’agit uniquement de jeunes vagabonds et de drogués réfractaires à toute aide ! Non ! Certains profils sont surprenants, parfois même mélioratifs. Mais la vie comme cela arrive bien souvent les a placés dans une fragilité dégradante.

Ainsi, le respect de la mesure de couvre-feu est pour eux une préoccupation de tous les instants et les précarise davantage s’ils n’ont pas d’assistance ou ne bénéficient d’aucune solidarité. Il faut les aider. Il faut leur proposer des centres d’accueil provisoires, des repas, des soins… C’est aussi ce qui détermine notre grandeur et notre humanité : ne laisser personne sur le côté en ces temps incertains.

Tâchons d’agir avec bon sens et humanité !

Cette situation, il faut le souligner, est aussi imputable à toutes ces personnes qui par indiscipline ne respectent pas les mesures d’hygiène et de confinement au point que les autorités publiques sont obligées de durcir les mesures de prévention en instaurant un couvre-feu et en s’assurant que les rues sont vides la nuit. Ces indisciplinés doivent être interpellés et confrontés à leur responsabilité.

Je termine ce billet par lancer un appel.

Que toutes les personnes qui peuvent offrir un abri, un repas, une couverture ne manquent pas de le faire pour contribuer à aider les « précaires sans-abris » et à préserver autant que possible leur droit à la dignité.

Si non, ces personnes seront plus rapidement exposées à la maladie Covid-19 et la propagerons à coup sûr (involontairement) dans le reste de population jusque-là en bonne santé.

Que chacun respecte enfin strictement les mesures instaurées par les autorités publiques ivoiriennes.

Que Dieu protège chacun de nous de la maladie, de toutes les maladies !

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