A l’approche des fêtes de fin d’année, quand advient la période des préparatifs, comme une madeleine de Proust, ce climat me replonge dans mes fêtes de Noël enfant.

Mon beau-père, ma mère, mes frères, mes sœurs et moi-même vivions dans une ville de province du nord du pays. Mon beau-père, fonctionnaire dont le grade dans l’administration publique était relativement peu élevé, bénéficiait tout de même d’une maison de fonction d’un bon standing. Nous habitions par ce concours de circonstance dans le quartier résidentiel de la ville, le quartier chic où les cadres et les plus fortunés avaient leurs résidences.

A Noël, la plupart des enfants du quartier recevait dans la nuit, pendant leur sommeil, un cadeau du père Noël. Au réveil, je les entendais, par-delà la clôture de notre maison, crier de joie, rire et s’enthousiasmer. Puis, on enclenchait la musique chez eux et l’exubérance amplifiait.

A midi, la musique faisait place au cliquetis singulier que fait la vaisselle à l’occasion d’un grand repas de fête. Les voix des convives s’élevaient dans une clameur assourdissante mais elles n’arrivaient quand même pas à couvrir les bruits de vaisselle. On pouvait aisément imaginer qu’ils partageaient un repas festif.

Jour de Noël éprouvant

Ce jour de Noël-là encore, je ne sais pour quelle raison mon beau-père était absent de la maison. Maman avait cuisiné du riz local qu’elle avait arrosé d’une huile de palme rouge. C’était tout ce que je n’aimais pas comme repas. Pire, il n’y avait ni sauce ni poisson ni viande comme accompagnement. Le repas était frugal.

J’avalai quelques bouchées puis j’allai me réfugier dans la chambre des enfants, notre chambre, pour cuver ma frustration. Je voulais m’isoler, me couper de tout, surtout de ces cris de joie d’enfants manifestement heureux que j’entendais dans le voisinage et qui accentuaient ma souffrance. Tous ces hourras froissaient ce qui me restait d’insouciance et me rappelaient à notre condition, nous étions financièrement pauvres chez nous.  

Cependant, de mon refuge, je scrutais chaque bruit du portail de la maison qui s’ouvrait et se refermait. J’espérais secrètement qu’une âme providentielle vienne nous offrir, ma mère, mes sœurs, mes frères et moi, un de ces repas de fête avec de la viande, de gros morceaux de viande… et du Coca Cola. Pour l’enfant que j’étais, passer un jour de fête sans manger de la viande ni même boire du Coca Cola était encore plus affligeant que ne pas recevoir de cadeau à Noël. Mais rien !

Les enfants heureux de recevoir des cadeaux à Noel
Les enfants heureux de recevoir des cadeaux à Noel

En fin d’après-midi, les enfants vêtus de leurs nouveaux habits allaient en compagnie de leurs parents prolonger la fête avec leurs proches. D’autres sortaient dans le quartier avec leurs cadeaux pour les présenter à leurs camarades. Débout sur la véranda, je les regardais jouer. Et j’enviais leur bonheur.

Bien que certains m’invitassent à les rejoindre, j’avais honte de me mêler à eux. Car, j’imaginais qu’ils sauraient que je n’avais pas bien mangé et que je n’avais pas de nouveaux habits, encore moins de cadeau de Noël… Déjà à 8 ans, j’avais perdu mon enfance. 
Bref !

Dieu vous le rendra !

Je vous raconte cette petite histoire pour vous conjurer à la solidarité à l’occasion de ces fêtes de fin d’année. Des familles, malgré ce qu’elles laissent à voir, sont en souffrance. Partagez avec les personnes autour de vous si vous le pouvez ! Donnez de la joie aux  enfants ! Assistez les malades et les orphelins ! Visitez les prisonniers ! Soyez tolérants avec les pauvres et les plus vulnérables. Ne stigmatisez point !

Dieu dans Son infinie mansuétude le comptera à vos mérites !

Joyeux réveillon !
Bonne fête !

Que Dieu vous protège !

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Antoine BLAGNON

Gérant chez WEB & EDITIONS
Professionnel de la communication visuelle, Antoine BLAGNON partage sur ce Blog ses techniques pour communiquer efficacement.
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