Extrait publié le 21/12/2018

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Extrait

« Voici à quoi je suis réduit : un voleur… Quel malheur ! », avait-il juré.

Bobby avait essayé de distinguer ces gens qui criaient. En vain. Les bâtiments d’où partaient les voix étaient loin de là où ses geôliers le faisaient attendre avec ses codétenus. Aussi, il faisait nuit, et la pénombre dans cette enceinte mal éclairée anéantissait toute possibilité de les voir de là où ils se tenaient.

Depuis son arrestation à son domicile, sa détention à la police criminelle, son transfèrement au parquet du Plateau, puis sa comparution devant le magistrat qui l’avait placé sous mandat de dépôt, aucune des personnes intervenant dans ces épisodes judiciaires ne l’avait désigné de voleur ni de quelque qualificatif du genre. Il lui avait fallu l’entendre de ces gens pour réaliser que le traitement qui lui était fait en était en réalité révélateur. De fait, ces gens qui criaient étaient l’expression audible, le reflet caractéristique de cette société qui le pourfendait.

Du coup, il s’était senti souillé. Il s’était senti souillé par les mots de ces gens, par ce lieu sinistre qui l’emprisonnait maintenant, par les surveillants pénitentiaires qui l’avaient soumis à une fouille au corps dégradante, et plus tôt encore, par les conditions ignominieuses de sa détention à la police criminelle.

Il voulut se débarrasser de ce sentiment de souillure, il voulait faire quelque chose qui lui fît se réapproprier sa dignité brocardée. Mais ses forces intellectuelles n’arrivaient plus en ce moment-là à faire une seule chose cohérente. Faute de mieux, il se mit à se répéter intérieurement, tel un automate :

« Je ne suis pas un voleur, je ne suis pas un voleur… »

Comme si son radotage seul suffirait à le réhabiliter. Mais très vite, il comprit qu’il lui en faudrait bien plus pour rétablir son honneur bafoué.

Il était devenu depuis ce soir-là pensionnaire de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, la plus grande prison civile du pays. Et pour le commun des abidjannais qui désignaient les détenus de ce lieu, il était, lui aussi, pour le moins, un voleur.

Désormais, un improbable destin s’ouvrait devant lui.


Extrait publié le 28/2/2019

Tout avait débuté par une convocation téléphonique à se présenter le lendemain à la police criminelle. Le lieutenant K. l’avait reçu vers neuf heures dans le bureau de son chef de service, le commissaire G., en présence de qui, il l’avait abruptement interpellé.

– Monsieur M. vous accuse d’avoir volé son cheval. C’est vrai ?

– Mais non, c’est faux…

– Mais où est le cheval ? Tu peux le ramener ici ?

Du vouvoiement, l’inspecteur était tout de suite passé au tutoiement. Comme un signe d’agacement. Ou une insidieuse opération d’intimidation. Ou encore une dédaigneuse habitude de policiers peu sourcilleux…

– Non, je ne sais pas où se trouve ce cheval. Mais… 

Le commissaire qui les observait assis dans son fauteuil de cuir noir défraîchi l’avait arrêté dans sa volonté de s’expliquer plus longuement et lui avait indiqué la porte de son bureau de sa main gauche. Et de sa voix menaçante, il lui dit : 

– Tu veux expliquer quoi ? Nous, on sait où se trouve ce cheval. Tu ne le sais pas, toi ? Attends dehors. On va régler ça… 

Le commissaire qui s’adressait à lui pour la première fois l’avait, lui aussi, tutoyé. Ça devait être l’usage chez les policiers de la police criminelle, cette inopportune familiarité avec le convoqué…

L’audition ainsi entamée s’était tout de suite interrompue. Elle n’avait pas duré plus de cinq minutes. Le commissaire G. s’était montré encore plus menaçant que l’inspecteur K. Et, ça avait fait son effet. C’était la toute première fois que Bobby était convoqué et auditionné par des policiers dans le cadre d’une procédure judiciaire. Il en était terrorisé.

Il était sorti du bureau du commissaire pour attendre dans la cour. Des yeux, il avait cherché une chaise ou un banc pour s’asseoir. Il n’y en avait pas à côté. Il ne voulait pas aller sur les bancs plus loin. Il choisit de s’arrêter près du pilier de béton derrière la fenêtre, à environ deux mètres de la porte du bureau du commissaire, visible de tous ceux qui y entraient et qui en sortaient. Il se dit que l’audition aurait plus mal repris pour lui si, ne l’ayant pas sous les yeux, l’officier s’était imaginé qu’il avait cherché à s’enfuir.            

Le commissaire G., après que Bobby fut sorti de son bureau, avait fait entrer un homme et une femme, un couple qui venait se plaindre d’une escroquerie. Le lieutenant K. était à son tour sorti pour les laisser seuls. L’inspecteur avait traversé la cour de ses petites foulées rapides pour rejoindre le bloc de nouveaux bureaux de l’autre côté, derrière le bâtiment principal qui abritait le bureau du directeur de la police criminelle. Près d’une heure plus tard, le commissaire G. avait raccompagné ses visiteurs à sa porte puis il était retourné à son bureau. Il en était ressorti pour aller vers le bâtiment où s’était dirigé le lieutenant K., puis il en était revenu.

Bobby était toujours là, un peu perdu dans cette enceinte grouillant de plus en plus de monde, débout près du pilier à attendre qu’on le rappelât. Mais le commissaire G. l’ignorait chaque fois qu’il passait tout près de lui, et l’inspecteur K. était maintenant invisible. Quatre heures s’étaient ainsi écoulées. Et, toujours rien. L’attente se prolongeait. Plus la journée s’égrenait, plus le spectre de la prison grandissait. Son cerveau était en proie à des imaginations sordides. Il avait de plus en plus peur. Vers treize heures, il voulut appeler F., sa fiancée, pour l’informer de sa situation à la police criminelle, pour tout lui dire. Elle ne savait rien de sa convocation…

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